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INTELLIGENCE ÉMOTIONNELLE

L’INTELLIGENCE ÉMOTIONNELLE

 

L’intelligence émotionnelle, est un ensemble d’habilités qui nous permet d’identifier nos émotions et celles des autres, d’ex-primer correctement celles-ci; de comprendre nos émotions et celles des autres; de gérer celles-ci et de nous adapter à celles des autres; d’utiliser nos émotions pour penser et agir, pour com­muniquer, pour prendre de bonnes décisions, pour motiver les autres et sauto motiver; pour être créatifs, planifier et orienter nos choix, et entretenir de bonnes relations interpersonnelles.

Dans la vie de tous les jours, lémotion est incontournable dans le processus de motivation, de communication, de décision. L’in­telligence émotionnelle consiste à prendre conscience de toutes les gammes démotions dans toutes les situations, à chaque mi­nute si ce nest à chaque seconde. Cest apprendre à les identifier, à les exprimer, à les manifester, à les vivre, à les comprendre.

L’émotion nest ni « la peste », ni un volcan, ni une bombe atomi­que… Cest juste une dimension humaine.

Pour être cohérent et puissant, nous devons tenir compte tant des faits réels que des faits irréels, « émotionnels,«  trouver la jus­tesse émotionnelle comme la justesse rationnelle par rapport à une situation donnée. Adopter un comportement adéquat à un événement, nest-ce pas là une « présence juste » et sage ?

Quand on dit que nous sommes tous des analphabétiques des émotions, est-ce vrai ?

Nous navons appris ni à lécole, ni à la maison, ou peut-être nulle part ailleurs, à connaître et reconnaî­tre les émotions, à les comprendre, à les gérer. Nous ne savons pas comment « çà«  fonctionne.

Les neurologues attestent que tous les peuples, même les plus primitifs, qui n’ont donc pas de contact avec la civilisation « Hi-Tech », expriment et manifestent les émotions dans leurs expres­sions faciales de la même manière.

Lexpression faciale des émotions de base est universelle.

Roue des émotions

Travaux de Paul EKMAN 1992

 

Notre santé et notre équilibre personnels dépendent de la ma­nière dont nous allons apprendre à identifier et reconnaître nos émotions.

En tant qu’être humain, c’est tout à fait normal d’éprouver des émotions et des sensations. Cela fait partie de notre vie.

L’émotion est comparable à l’eau, elle est incompressible, nous devons apprendre à la vivre, à l’exprimer, nous ne pouvons pas la compresser, la refouler ou la repousser.

Au moment où l’émotion arrive, nous devons apprendre à l’ex-primer avec justesse et mesure. Nous savons que, ne pas expri­mer les émotions accumulées peut conduire à une pathologie grave et lourde de conséquences pour notre équilibre et pour no­tre santé.

Il est normal de ressentir la peur devant un danger immédiat, la colère devant une menace dommageable pour notre existence, la tristesse lors de la perte d’un être cher, ou d’un objet important, la joie et le plaisir devant une situation de satisfaction ou de réussite.

Si je ressens de la colère à chaque fois que je pense à une situa­tion menaçante du passé, je peux dire que j’ai un problème, peut-être grave, car il n’y a pas de danger réel, maintenant.

Apprendre à comprendre la logique des émotions et à repérer dans notre corps le lieu d’expression des émotions que nous res­sentons est important.

Le corps est « le lieu des scènes de théâtre ». Quand nous avons peur, nous sentons  » la gorge serrée « , quand nous avons une grande souffrance, nous ressentons au niveau  » du ventre, » « comme si nous avions reçu un grand coup « , quand nous sentons la colère nous avons une «  barre au niveau de la poitrine,  » quand nous éprouvons du plaisir  » au niveau du bas ventre,  » nous sentons une fraîche chaleur.

Pour gérer nos émotions, nous avons besoin d’apprendre à connaître la logique des émotions, à satisfaire nos besoins psy­chologiques ( besoins de toucher et d’être touché, d’aimer, d’ê­tre aimé, d’exister, d’exprimer, d’être en sécurité, d’être reconnu et d’être respecté)… et de comprendre comment fonctionne notre cerveau.

Le système limbique joue un grand rôle dans l’apprentissage de la vie (de 0 à 3 ans). dont :

L’hypothalamus : contrôle la faim, la soif, la température de no­tre corps et les pulsions sexuelles.

L’amygdale : responsable de la mémoire émotionnelle.

L’hippocampe : responsable de la mémoire déclarative.

Le thalamus : responsable des relais sensoriels.

Un enfant de 0 à 3 ans absorbe tout stimulus comme une éponge, y compris, celui qui ne lui est pas destiné. Le cerveau ne fait pas la différence entre ce qui est réellement vécu ou per­çu et le virtuel ou l’imaginaire. Seul l’effet de l’intensité du sti­mulus compte. Il s’agit de survie, de plaisir ou de déplaisir.

Si le stimulus est associé à une menace, à une frustration, à la douleur ou la souffrance, la mémoire (amygdale) va enregistrer ce stimulus comme dangereux et chaque fois que celui-ci appa­raît, l’amygdale sonne l’alarme et le corps va vivre la même réaction de peur, de méfiance, de fuite ou de lutte, de soumission ou d’inhibition.

Ce stock de souvenirs reste ancré dans notre corps et va nous poursuivre, d’une manière inconsciente ou plus ou moins cons­ciente, tout au long des étapes de développement de notre vie.

Le bébé joue avec un jouet, une souris par exemple (stimulus neutre), si à chaque fois qu’il s’approche de la souris (stimulus neutre), on associe un bruit étourdissant (stimulus incondition­né), cela fait peur à l’enfant (réaction émotionnelle incondition­née).

Par la suite, à chaque fois que le bébé est en présence de la souris (stimulus conditionné), il a peur (réaction émotionnelle conditionnée).

 

 

 

Un bébé a besoin de soins, de contact, de chaleur, de proximité, d’intimité, de caresses, de douceur et d’attention concentrée, de  » nourriture affective  » en somme.

Si chaque fois que le bébé manifeste ses besoins, et qui pleure sans que ses besoins soient satisfaits, soit parce que les parents ne sont pas disponibles, soit parce qu’ils croient qu’il ne faut pas donner au bébé la mauvaise habitude d’être toujours « coller aux bras ». Le bé­bé peut alors conclure que ce n’est pas la peine de crier, ou de hurler, qu’il n’aura jamais ce qu’il attend.

Il peut à ce moment là décider de ne plus avoir besoin de contact, de proximité ou de douceur… Pour pouvoir survivre, il peut se créer un autre monde imaginaire ou virtuel et préférer la solitude.

Dans sa vie professionnelle il se trouve­ra des activités « en retrait » ou il est tranquille, tout seul.

Si dans la culture familiale, un petit garçon a appris qu’il faut travailler dur pour réussir dans la vie… que la vie n’est pas une partie de plaisirque k sexe c’est immorale et dégradant qu’il ne faut pas y toucher, que c’est sale…. Chaque fois qu’il éprouve de l’envie, le désir d’explorer le domaine sexuel, il va se culpabiliser, se sentir ri­dicule. Plus tard, il peut avoir des pro­blèmes d’ordre sexuel, ou s’épuiser au travail, sans connaître ni détente, ni plaisir ni le désir de vivre des relations intimes.

C’est important de tenir compte de nos émotions; elles font partie intégrantes de notre corps, de notre vie, de notre équilibre et de notre réussite person­nelle, sociale et professionnelle.

La prochaine fois, je vous parlerai du fonctionnement combiné du cortex qui analyse le stimulus et l’emprise du cortex par l’amygdale pour sonner l’alarme devant un danger menaçant.

En attendant, rappelez vous que devant toute situation, on ressent d’abord (l’action rapide de l’amygdale), on pense après (l’action séquentielle plus minutieuse, plus lente du cortex).

 

Jérôme CHIDHAROM